Bye Bye Binary

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

LEXIQUNI

A

acadam


L’Acadam de Bye Bye Binary propose des formes de suffixes qui permettent à l’oral de marquer un genre neutre (exemple : autrice, auteur > auteul ou encore présidente, président > présidol). Les suffixes proposés comportent des sonorités en anl, eul, ax, ail inspirées du pronom ol utilisé par l'autrice de science-fiction Clara Pacotte. Le nom Acadam est une private joke faisant référence à la débinarisation de l'Académie française (dont nous tennons la masculinisation du français au 17e siècle). Le suffixe (ie) a été surpprimé proposant ainsi une version non-binaire fabulée de l'instance de décision. Par ailleurs, les travaux d'Alpheratz proposent une grammaire au genre neutre, la Grammaire du français inclusif, basée sur le pronom al (exemple : autrice, auteur > autaire). (source : BBB) 

académie française


« [...] L’Académie est une institution chargée de définir la langue française et d’en fixer son usage. Si le gouvernement décide de la création d’une telle institution c’est qu’à l’époque le pays est divisé en moult cultures et langages. Imposer une seule et même langue est alors le super instrument politique d’unification du royaume ! L’Académie se réunit [...] au nombre de neufs hommes blancs et poudrés, et prends des décisions quant aux belles manières d’écrire et de parler la belle langue de Molière ! » (source : ·ClubMæd·, Guide pratique du langage inclusif en école d'art, 2019. (www.langage-inclusif-clubmed.fr)
L'Académie française est fondée en 1635 et trouve son origine dans les réunions informelles d'un groupe littéraire, le « cercle Conrart ». Il s'agit d'un véritable boys club d'intellectuels nobles dont les membres sont en relations étroites avec les pouvoirs en place, par exemple Louis XIII et le Cardinal Richelieu. Dès sa création, cette institution est foncièrement classiste, raciste, validiste et sexiste. Les membres sont élus par leurs pairs, et par exemple, la première femme à intégrer l'Académie est Marguerite Yourcenar en 1980, soit 345 ans après sa création. L'Académie à opérer une complexification de la langue française en la normant, et l'a masculiniser par sa mysoginie : « Lorsque deux genres se rencontrent, il faut que le plus noble l’emporte [...] le genre masculin est réputé plus noble que le féminin, à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » (Nicolas Beauzée, Académicien, 1772)
(source : BBB)

ACAB 



adelphe, adelphité 


Nom commun qui désigne, indistinctement de son genre, le frère ou la sœur de quelqu'yn.
Eugénie Bidaut, chercheuse à l’Atelier national de recherche typographique (ANRT), développe le caractère Adelphe (2021).
Extrait de la tribune « à toi mon frère, ma soeur, mon adelphe » 26 février 2020
« Vos juges ne nous accordent pas les papiers. Vos patrons ne veulent pas de nous. Vos journaux nous mégenrent quand nous sommes mortes. Ils donnent la place, complices, à votre haine. Vos médecins nous mutilent quand nous sommes intersexes. Ils refusent nos traitements. Votre police nous terrifie. Nous redoutons vos prisons. Vos fétiches quand nous baisons. Nos familles sont brisées. Nos militantes sont harcelées et tabassées. Nos corps sont assassinés. Balancés du haut d'un pont. Nos corps doivent être stérilisés et notre descendance ne nous appartient pas. Nos corps n'existent pas dans vos livres. Vous ne comptez pas nos mortes. Vous effacez notre histoire. » (voir invisibilisation)

allié·e


Un·e allié·e est, dans le jargon LGBTQI+, généralement une personne cis hétér@ qui supporte l'égalité des droits civiques et des genres, les mouvements sociaux LGBTQI+ et conteste l'homophobie, la biphobie et la transphobie. Attention cepandant à l'infiltration des prétendux allié·es qui utilisent ces revendications dans le but de gagner en popularité. ex : le mouvement "notallmen". (source : BBB)
« Être allié·e est un but jamais vraiment atteint, il y a toujours des choses à apprendre, à mieux faire, c’est un processus qui ne finit jamais. Ce n’est pas non plus un titre que l’on peut se donner à soi-même. Ce n’est qu’au regard de vos actes et de votre attitude que le groupe, et surtout les personnes concernées, pourront déterminer si vous pouvez rester dans un espace safe ou si au contraire vous le polluez par vos interventions, par votre manque de remise en question. Ce n’est pas une identité parce que « être allié·e » n’absout pas de toutes les choses dites et faites dans le passé, ni ne protège d’erreurs dans le futur. [...] Les allié·es ne peuvent demander aux personnes en situation d’oppression d’essuyer leur larmes parce que cette situation les attriste profondément ; ils/elles ne peuvent pas non plus épuiser ces personnes en leur racontant toutes les situations d’oppression dont ils/elles ont été témoins. Ces oppressions, votre interlocuteur/trice les connaît, les vit au quotidien et n’a pas nécessairement envie que vous les lui rappeliez constamment. » (source :  LALLAB, 11 conseils pour être un·e bon·ne allié·e, 3 mars 2017.) 

appropriation culturelle


« L'appropriation culturelle c'est l'adoption ou le vol d'icônes, rituels, normes esthétiques et comportement d'une culture ou sous-culture par une autre. Cela se passe généralement quand la culture en question est une minorité ou subordonée dans un contexte social, politique ou même militaire par la culture dominante. Cette appropriation se produit sans réelle compréhension de pourquoi et comment la culture originale en question a développé ces activités, pratiques, objets, croyances ou les significations derrières ceux-ci, et tourne ceux-ci en pop-culture insignifiante ou avec des significations complètement différentes ou moins nuancés par rapport aux réelles significations. »
(source : Reclaim The Night Bruxelles, 2016. (www.reclaimthenightbruxelles.wordpress.com)
L'histoire du design graphique comme de l'art occidentale s'est largement appropriée des cultures ou sous-cultures (exemple : arts primitifs, transgression). En tant que designix graphique, recyclant, reprenant, créant des images/visuels, nous sommes de potentiels vecteurs de l'appropriation culturelle. Toustes designix graphique devrait veiller à ne pas s'approprier des images simplement parce que c'est joli, tendance ou une curiosité graphique exotique à ses yeux.  
(source : BBB)

assignation de genre, assignation sexuelle


« L’assignation sexuelle est la décision prise par le médecin à la naissance de l’enfant, après l’observation des organes génitaux du bébé, de cocher la case M (sexe masculin) ou F (sexe féminin) sur l’acte de naissance. L’assignation de la mention du sexe est obligatoire en Belgique. » (source : RainbowHouse, Glossaire pour tou·te·s, 2021.)
Pour compléter, l'assignation sexuelle est en réalité une assignation de genre, et est obligatoire dans de nombreux pays comme la France et la Suisse dans notre cas. À l'état civil comme dans le corps médical il persiste un amalgame entre attributs biologiques et genre. C'est une vision essentialiste du genre qui n'inclut pas dans la sociétés les personnes intersexes, les personnes non-binaires, les personnes trans*, les personnes genderfluid, et toutes les autres personnes ne s'identifiant pas au binarisme de genre. Des termes plus précis comme AMAB (Assigned Male at Birth) et AFAB (Assigned Female at Birth) peuvent être employés pour énoncer cette réalité.
(source : BBB)

astérisque *


L'astérisque (*) permet de sabrer la forme genre du mot (par exemple chercheuse, chercheur > chercheu*). Sam Bourcier utilise ce signe typographique dans son livre Homo inc.orporated: le triangle et la licorne qui pète. Cette utilisation de l’astérisque inspire à Clara Sambot, membre de la collective BBB, la démultiplication de ceux-ci au cœur du caractère DINdong.  Le parallèle que fait Boursier entre l'astérisque et la paillette va aussi inspirer Roxanne Maillet à créer "shinebrooklikeadiamond" une collection de sparkles soupoudrées au fil des pages de la récente traduction de cruiser l'utopie, l'après et ailleurs de l'advenir queer de José Esteban Muñoz aux éditions Brook (source : BBB)

autodétermination


« Quels gestes typographiques / ou autres donneraient la possibilité à des personnes qui ne se catégorisent ni comme femme, ni comme homme de pouvoir avoir accès à des glyphes, caractères et différentes alternatives qui leur permettraient de se conjuguer ni au féminin, ni au masculin, ce que le langage binaire et hétéronormatif français nous impose ? » (Roxanne Maillet, Clara Pacotte, Amils Agitéls, 2017)

B

bye bye binary


Bye Bye Binary (BBB) est une collective franco-belge, une expérimentation pédagogique, une communauté, un atelier de création typo·graphique variable, un réseau, une alliance. Formée en 2018, la collective explore de nouvelles formes graphiques et typographiques (lettres, ligatures, ponctuations, éléments de liaison et de symbiose) prenant pour point de départ, terrain d’expérimentation et sujet de recherche le langage et l’écriture inclusive et non-binaire. 
Le nom choisi par la collective est une reprise d'un slogan provenant d'une bannière de la transpride de Cologne de 2018. (source : BBB)

Baskervvol


« Le Baskervvol BBB (2018–2021) a ceci d’intéressant qu’il est issu d’un travail en collective (reprise du revival Baskervville de l’ANRT), qu’il est passé dans les mains de pas moins de huit dessinateur·ices au sein de Bye Bye Binary et qu’il ne cesse d’être augmenté au fil des utilisations qui font sans cesse remonter des besoins. À ce jour, ce caractère est augmenté de jeux stylistiques OpenType permettant l’activation de ligatures conditionnelles. Ce caractère fait également l’objet d’une tentative d’un mapping commun, le Queer Unicode Initiative (QUNI) dans la Private Use Area A (PUA) d’Unicode (…) »
(source : Camille Circlude, « Une révolution typographique post-binaire », LSD 2, Le Signe Documents, 2021)

blanchité


Dans une permière version du texte de présentation de l'intervention de BBB transmise au BDQI, dans le cadre duquel ce lexique est né, nous avions formulé l'annonce d'un « lexique typo·graphique non-binaire, décolonisé, et intersectionnel. » En discussion avec le BDQI, nous avons changé cette formulation en partage des « questionnements en cours dans la collective, notamment une (auto-)critique de la blanchité et du validisme dans le champ de la typographie». Le terme de blanchité nous permet de travailler de manière située, depuis notre position — une collective en majorité constituée de personnes blanches — à déconstruire « une idéologie raciste qui définit non seulement les frontières de l’appartenance, mais surtout les privilèges qui y sont associés » (Anne Lavanchy : https://www.ekr.admin.ch/f575.html) et de ne pas prétendre à résoudre des questions coloniales ou nous dédouanner par l'utilisation d'un terme beaucoup utilisé sans requestionnement profond d'un système dont on fait partie. Le système qui nous a formé, les études de graphisme en école d'art nord-européennes et le champ du graphisme, hérite d'une tradition blanche, coloniale, qui a dévalorisé, et même interdit et supprimé des cultures visuelles, graphiques et typographiques entières au profit d'une culture moderniste occidentale.
Alphabettes, « It’s time to act», Alphabettes, 2020 https://www.alphabettes.org/its-time-to-act
Ksenya Samarskaya, « Nontsikelelo Mutiti on Interrogating the Euro-centric Design Canon », Eye on Design, AIGA, 2019 www.eyeondesign.aiga.org/nontsikelelo-mutiti-on-the-specificity-of-locality-in-graphic-design/
FFF (FIlipino Folk Foundry), Hardworking, Goodlooking,  2015
Ramon Tejada, Decolonizing Design Reader, 2018- www.tinyurl.com/y43sukuu

bingo


Dans les milieux militants, le Bingo est utilisé comme une stratégie de défense collective (par exemple les bingos « Pas raciste1 » et « Pas sexiste2 »). Ce support graphique en forme de grille, inspiré du célèbre jeu du Bingo, sert à lister des phrases systémiques racistes, sexistes, transphobes, homophobes, grossophobes, validistes, etc. qui constituent de véritables agressions pour la personne qui les reçoit. Il s'agit ensuite d'utiliser ces bingos dans un contexte hostile (repas de famille avec tonton raciste, réunion de travail avec patron transphobe, etc.) et d'être en mesure de répertorier les phrases systémiques prononcées par des tiers. Les bingos servent ainsi à mettre en exergue des propos problématiques bien souvent intégrés ou internalisés comme banals. 
Des membres de la collective BBB ont 
(source : Bingo Gggo : http://bingo.ttttoolbox.net/)

binarité, binarisme de genre (cf. Wittig/preciado)


bon/mauvais (design, goût)


« Certaines formes ou pratiques sont qualifiées de bonnes ou mauvaises (TW: binarité). “Ces formes n’ont pas été dévalorisées par hasard ou selon les règles d’un bon goût universel immanent, mais parce qu’elles sont associées à des pratiques, des groupes et des communautés marginalisées par le champ du graphisme. Le travail des femmes, les classes ‹ inférieures › (esthétiques kitsch, vulgaires), les cultures ‹ non-occidentales › … » (source: Loraine Furter « Graphisme × Intersections », LSD 1 Le Signe Design, Le Signe, 2020.)

C

calling cards (cf. adrian piper)


La collective BBB utilise des calling cards dans leurs interventions. Une série de cartes à distribuer dans l'espace public, inspirées par les Calling Cards d'Adrian Piper abordent les questions de passing, d'assignations, de désignations, de fluidités, d'expériences intimes et politiques. (source : BBB)

camp/kitsch (cf. Sontag, Fournier) 


Bruce Labruce : notes on camp http://www.natbrutarchive.com/essay-notes-on-campanti-camp-by-bruce-labruce.html
attitude queer mêlant humour et théatralité, fondée sur l'incongruité, l'autodérision, le decalé face au tragique (cf.vers la plus queer des insurrections) 
certaines créations de BBB peuvent être …

circlusion


Ce mot, circlusion, permet d’évoquer différemment certaines pratiques sexuelles. Nous en avons besoin car l’aliénation de la pénétration régit encore les valeurs dans l’imaginaire hétéronormatif et sa divison arbitraire des corps entre actif·ve et passif·ve. Le verbe pénétrer évoque un procédé non-réciproque ou du moins inégal. Le·a personn·e qui est pénétré·e est présumé·e passif·ve. Au-delà de ça, être pénétré·e est, comme être baisé·e, synonyme d’un sentiment d’impuissance. Disons que tourner un boulon dans un écrou est de la pénétration; donc tourner un écrou autour d’un boulon est de la circlusion … En fait, les deux actions se déroulent au même moment. + ACTIX/PASSIX (source : Bini Adamczak, On Circlusion, 2016 — Traduit librement par la collective Bye Bye Binary lors du premier workshop Bye Bye Binary à RoSa, 2018)

collective


Bye Bye Binary se présente comme une collective, une forme lui permettant de travailler à plusieurs mains, dans un domaine où les figures habituellement mises en valeur dans l'histoire de la typographie sont des invidus (hommes blancs etc), invisibilisant les pratiques collectives qui la composaient (voir le recherche d'Alice Savoie, Women in Type). Ce type de pratiques pose la question de comment on raconte des histoires et comment on crédite des auteurixces. Le communiqué de presse publié par BBB en 2020 met en avant la dimension de mouvement typographique (La typographie inclusive, un mouvement !).
Référence : Roberte Larousse (cité dans RADDAR)

consistance


Règle rédactionnelle qu’on retrouve aussi en typographie : utiliser systématiquement les même règles au sein d’un même document. À repenser avec en tête des possibilités circonstanciées/contextuelles. (voir par exemple la traduction de Vivre avec le trouble de Donna Haraway par les éditions des Mondes à Faire) Le choix d’un système peut aussi être pensé de manière contextuelle, en fonction de sa position d’énonciation, une nouvelle « règle » qui s’inspire des savoirs situés notamment théorisés par la philosophe des sciences Donna Haraway. + Sam Bourcier
(source : BBB)

crip


Signifie « estropié, boiteux, infirme, invalide » en anglais. On peut donc imaginer que crip, réduction de cripple, soit, à la lumière de queer, une réappropriation d’un mot stigmatisant. On peut également supposer que la consonance du mot fait référence à creep, utilisé dans les jeux vidéo/informatiques, pour désigner des petites bêtes bizarres, une forme de sous-espèce. Le mouvement crip croise les apports des Disability Studies (études sur le handicap) et du Queer, mais aussi les questions d’intersectionnalité. Ainsi il interroge le handicap à la lumière de concept queer tels que celui d’idéal régulateur, de retournement du stigmate, de performativité ou de désidentification. Il propose de nouvelles définitions du handicap et le faire surgir dans la sphère queer où les normes dominantes sont désessentialisées, les identités naturalisées sont repensées comme des constructions sociales, la notion d’abjection est revalorisée et où les binarismes sont travaillés pour être déconstruits. Il met aussi en avant les vécus des personnes qui se retrouvent à la croisée de plusieurs oppressions comme les personnes handicapées LGBT+ ou non blanches. C’est un mouvement qui veut aller contre l’hégémonie des hommes blancs, hétérosexuels et cisgenres telle qu’elle a pu exister dans le premier mouvement de personnes handicapées pour les droits civiques. Référence : McRuer Robert, Crip Theory : Cultural Signs of Queerness and Disability, New-York, New-York University Press, 2006. (source : Charlotte Puiseux, Dictionnaire CRIP, 2020)

cyberféminisme


« Au cours des années 1990, le cyberféminisme identifie la pratique de différent~es penseur~euses, codeur~euses et artistes travaillant avec les nouvelles technologies à travers différents pays. Ces groupes et individus dispersés géographiquement commencent alors à se connecter et à échanger sur Internet. En 1994, la philosophe anglaise Sadie Plant est l’une des premières à parler de cyber-féminisme et du travail des féministes sur la théorisation, la critique et l’exploitation d’Internet et des nouveaux médias en général. [...] En 1997, la première rencontre internationale cyberféministe est organisée par le collectif berlinois Old Boys. L’événement a lieu à la Documenta X de Kassel et regroupe 38 femmes de nationalités différentes. » 
(source : Agathe Boulanger, Signe Frederiksen, Jules Lagrange, « Glossaire », Ce que Laurence Rassel nous fait faire.)

cyborg 


« La politique cyborg lutte pour le langage, elle lutte contre la communication parfaite, contre ce code unique qui traduit parfaitement chaque signification, dogme central du phallogocentrisme. »
(source : Donna Haraway, Manifeste Cyborg, 1985)
« Dans son texte Cyborg Manifesto, publié en 1985, la biologiste, philosophe et féministe américaine Donna Haraway imagine un futur pour le mouvement féministe en proposant le cyborg comme modèle. Être vivant recomposé, mélange de matière organique et d’éléments issus de la technologie, le cyborg ne se définit pas selon les genres homme-femme ou humain-non humain. Au contraire, en rejetant une pensée fondée sur la binarité, il représente pour les cyberféministes la~le citoyen~ne idéal~e d’un monde postpatriarcal. » 
(source : Agathe Boulanger, Signe Frederiksen, Jules Lagrange, « Glossaire », Ce que Laurence Rassel nous fait faire.)
En travaillant l'hybridation des formes typographiques au sein de la collective BBB, nous sommes cyborg, nous sommes mutantes. 
(source : BBB)

D

design indicipliné 


BBB use de certains stratagèmes graphiques, que l’on se plairait à appeler « indisciplinés » en référence à l'ouvrage manifeste feministe Glossary of undiciplined design d'Anja Kaiser et Rebecca Stephany récemment publié. C'est une manière d’inverser les mécanismes qui ont tendance à centraliser les pratiques « légitimées » par le champs du graphisme — à savoir des formes qui ont été essentiellement produites par des personnes privilégiées ayant suivi des études dans le domaine. Ce qui bien entendu est le cas pour la majorité d'entre nous mais que nous avons grand plaisir à mettre à mal et détraqué afin de désacraliser cette "discipline" qu'est la typographie telle qu'on nous l'ensigne.
Glossary of undiciplined design (GUD) est une collection de stratégies de désobéissance aux modèles conformistes du design graphique, réunis par Anja Kaiser et Rebecca Stephany. GUD célèbre les héroïnes de la non-conformité, du care et de la critique dans le design graphique ainsi que les personnes qui travaillent au démantèlement de l'histoire du graphisme euro-centrée et dominée par les white cis male. La forme du glossaire sert d'outil prétendument didactique avec des lacunes et des fissures intentionnelles et est conçu pour de multiples définitions, ajouts et contradictions. Ce faisant, GUD combine une multitude de théories et de récits avec des outils et des stratégies indisciplinés pour se réapproprier le design comme un outil d'empouvoirement.

E

épicène


« On appelle épicène (étymologiquement « possédé en commun ») un mot dont la forme ne varie pas en genre. » 
(source: Loraine Furter, « Inclusifves », Panthère Première 7, 2021)

épistémologie


Champ de la philosophie qui a pour objet l'étude critique des postulats, conclusions et méthodes d'une science particulière, considérée du point de vue de son évolution, afin d'en déterminer l'origine logique, la valeur et la portée scientifique et philosophique.
En d'autres mots : c'est l'étude de la connaissance, comment on nomme les choses, comment et avec quoi on produit du savoir, qui produit des connaissances et pourquoi.
Avoir une démarche épistémologique quand on produit du savoir c'est interroger le récit que nous offre l’histoire afin de trouver les conditions de produire ce dernier. Ces conditions de production changent au cours du temps et influencent les catégories de perception du monde. 
Notre régime épistémologique européen, c'est-à-dire la façon dont on crée le savoir en France ou en Belgique par exemple, est pour nous défaillant et obsolète : il est continu, binaire et ordonné, prétendant l’universalité, figé et fermé, alors que ses conditions de production sont arbitraires.  
(source BBB)

épistémologie du point de vue


« [...] Les épistémologies du point de vue empruntent tout d'abord au marxisme et au féminisme pour repenser ce qu'est l'objectivité, le rapport entre science et pouvoir et les conditions de production d'un savoir vrai sur le monde (Harding). Au féminisme, les épistémologies du point de vue reprennent le constat de l'absence des femmes comme objets de connaissance [...]. Du marxisme, elles tirent l'idée que l'expérience vécue et matérielle (et non l'identité !) façonne un point de vue épistémologique spécifique sur le monde et les relations sociales [...] pour affirmer que l'expérience vécue est caractérisée par des relations de domination [...]. 
[Il] ne s'agit pas d'affirmer qu'un point de vue subalterne serait porteur, intrinsèquement, de savoirs plus vrais, mais plutôt d'insister sur la nécessité de produire une capacité d'analyse collective qui prend le point de vue des dominé·es, et qui fait donc une large part à leurs expériences. [...] Il s'agit d'une exigence épistémologique de partir des points de vue des personnes marginalisées, toujours déjà multiple, pour poser des questions plus importantes et plus pertinentes sur le monde. 
[...] Assumer une épistémologie du point de vue, c'est donc une exigence de réflexivité forte et aussi une responsabilité éthique. »
(source : Sarah Mazouz & Éléonore Lépinard. Pour l'intersectionnalité, éditions anamosa) 

épistémologie de l'ignorance


« Le savoir n'est pas individuel, il doit être, selon Sandra Harding, collectivement produit, par une communauté capable de représenter cette diversité des points de vue. [...] tout savoir est produit de façon socialement située et [il] existe une multiplicité de savoirs situés (Artemisa Flores Espínola) : personne ne peut occuper toutes les positions sociales à la fois, ni fournir l'ensemble des représentations valides et vraies sur le monde. [La] réflexion épistémologique sur la production de savoirs dans les sciences sociales reste prisonnière, [...] pour une bonne partie de la sociologie française [...] d'un débat sur l'objectivité [...], l'objectivation sociologique peut-elle se substituer à la production collective d'un savoir autonome sur le monde à partir du point de vue des dominé·es et, de légitimer la position de surplomb magistral du sociologue. [...] Une telle position de surplomb et d'extériorité révèle ce que le fait d'occuper une position de dominant·e autorise à ignorer. [...] Les épistémologies de l'ignorance se fondent sur l'occultation et la disqualification d'analyses et de conceptualisations recelant une dimension insurgée ou indisciplinée, porteuse de menace pour l'ordre établi et les positions de pouvoir acquises. »
F

fanzine/queerzine


Un fanzine  est une publication, imprimée ou en ligne, institutionnellement indépendante, créée et réalisée par des "amateurixces passionné.e.x.s." Au sein de la collective BBB, des fanzines sont régulièrement imprimés et distribués librements à la fin des wokshops dans le but de rendre compte des travaux et experimentations effectués lors de ces moments. Queerzines : sous-catégorie de la culture fanzine traitant specifiquement des questions queer.
(source : BBB)

features OpenType


Les features OpenType sont des fonctionalités intégrées aux fontes numériques qui permettent des substitions automatiques de caractères. Dans l'alphabet latin elles peuvent servir, entre autres, à appeler des ligatures, par exemple deux "f" consécutifs seront automatiquement remplacés par la ligature "ff"; évitant ainsi une collision disharmonieuse entre les deux lettres. Elles peuvent aussi servir à appeler des "contextual alternates" dans une fonte qui contient plusieurs formes différentes pour une même lettre ; par exemple un dessin de "e" destiné à exister à l'intérieur d'un mot, et un autre destiné aux fins de mots uniquement.
Au sein de la QUNI (voir entrée), les features OpenType sont utilisées afin de rendre l'appel des glyphes non-binaires (voir entrée) plus facile pour les utilisateurices des fontes qui les contiennent. Ainsi une rédaction en français inclusif avec point médian permet l'apparition automatique des glyphes adéquats lors de la saisie.
(source : BBB)

fonte



freed from designer (à pimper)


Évoquation et invocation d'une de nos godxsse Gala dans cette expression qui revendique un design libre et questionnant les normes et les règles inculquées par des white cis men. 
(source : BBB)

G

genderfucker


Qui subvertit le genre, joue avec, le malmène allégrement (cf.vers la plus queer des insurrections)
pratiques BBB
cf Bourcier, Preciado

gender fluid


Une personne dont le genre change au cours du temps entre n’importe quelle combinaison de genres (deux ou plus). Les personnes de genre fluide sont incluses dans la non-binarité.  (cf.la vie en queer) nom du premier workshop + url

glyphe / caractère


(cf Raddar)

glyphe non-binaire


Un glyphe non-binaire tente de proposer une forme qui ne s'inscrit pas dans la norme binaire (homme/femme) et permet d'inclure un spectre d'identités de genre plus large.

glossaire


« Le glossaire est pour les lecteur[ices] d'ailleurs, qui ne s'accommodent pas de mots inconnus ou qui veulent tout comprendre. Mais peut-être pour nous aussi; établir la liste de tant de mots en nous dont le sens échappe, ou plus loin fixer la syntaxe de ce langage que nous balbutions. Les lecteur[ices] d'ici sont futurs. » 
(source : Édouard Glissant, Malemort, 231.)

gris typo 


Le gris typographique est l’impression produite sur l’œil par la vision générale d’un texte, sa "texture" ; on parle aussi de couleur du texte. Il ne s’agit pas de sa couleur au sens de la teinte des pigments colorant les caractères, mais au sens de la densité moyenne du gris, résultat optique de la juxtaposition de multiples caractères noirs sur fond blanc (le concept s’étend bien sûr à d’autres couleurs que le noir).
L'idée de la nécessité d'un gris le plus homogène possible est une conception très occidentale qui n'existe pas dans tous les systèmes d'écritures. Par exemple en Japonais, trois scriptes (kanji, hiragana et katakana) sont utilisées conjointement ce qui génère un gris irrégulier essentiel pour la bonne compréhension du texte.

H

hacker/pirater


Hacker le contenu de la langue par son contenant - ce que l'on fait.

hackcessibilité



(h)ac(k)tivisme 


Mot valise = hack + activisme
L' (H)ac(k)tivisme adopte la philosophie du hacker. Applicable à tout travail et tout contexte, cette méthode permet d’ancrer sa pratique dans des questionnements contemporains avec une réelle vision et portée politique. Nathalie Magnan, théoricienne des médias, a publié de nombreux textes et articles liés à l'(h)ac(k)tivisme, aux médias tactiques, à la création en réseau, aux logiciels libres et à l'activisme en ligne.
(source : BBB)

hégémonie



I

inclusivfe 


Terme utilisé dans « écriture inclusive », qui après des siècles d'invisibilisation et de domination masculine (où le « masculin l'emporte ») propose des formes plus inclusives. Terme pimpé avec une flexion, où les marqueurs de genre (f et ve) sont utilisés sans séparation.
L'inclusivfe est aussi le nom du principe typographique développé par Tristan Bartolini.

invisibilisation 


L'histoire de la typographie et du graphisme est marquée par l'invisibilisation (des femmes, des cultures non-occidentales, des cultures queer). En écriture, l’usage des parenthèses met littéralement entre parenthèses le féminin.
Voir Crystal Clear by Loraine Furter : 
https://depatriarchisedesign.com/2020/02/02/crystal-clear-by-loraine-furter/
+ lesbian erasure - oloc

intersectionnalité



L

lesbianisme politique


Le lesbianisme politique ou lesbianisme radical est un courant féministe, généralement associé à la deuxième vague féministe et au féminisme radical. Il inclut, mais ne se limite pas au séparatisme lesbien. Le lesbianisme politique repose sur l'idée qu'il faut combattre le patriarcat en tant que système politique, en arrêtant de soutenir l'hétérosexualité et de relationner avec des hommes. (…) À la fin des années 1980, Monique Wittig et Adrienne Rich théorisent le lesbianisme politique en France dans leurs essais La Pensée straight et La Contrainte à l'hétérosexualité
(source : Wikipédia)

lexi-QUNI


présentation de ce lexique

lez is more


Détournement de la célébre citation de Ludwig Miss van de Rohe 'less is more' qui prone l'esthétique minimaliste et anti camp, dans la volonté de s'approprier un langage hétér@.
Depuis toujours les communautés MOGAI* (Marginalized Orientations, Gender identities, And Intersex) tentent de survivre et de trouver des outils pour créer leur propre espace et langage au sein d'un système patriarcal dominant. Les pratiques de réappropriation telles que le détournement, le mashup, le piratage, le plagiat sont utilisées dans ce but par les minorités comme outil d’empouvoirement. 
lien avec le travail de bbb - ajouter des glyphes à des typo existante + mashup = ligature
(source : BBB)

ligatures


En typographie, les ligatures désignent des combinaisons de deux ou plusieurs caractères fusionnés pour des raisons esthétiques (ff, fi, ffl, …) ou linguistiques (æ, œ). Parce qu’elles sont fondées sur le lien et les transitions plus que sur la séparation, les ligatures sont un terrain de travail plein de promesses pour l’écriture inclusive. 
(source: Loraine Furter, « Inclusifves », Panthère Première 7, 2021)

ligatures non-binaires 


Au sein de l'écriture dite inclusive, l'usage du point médian binarise. Une ligature non-binaire fusionne la forme féminine et masculine en un caractère typographique en symbiose (exemple : amoureux, amoureuse > amoureuxse).

license libre, open source, copyleft


« Une typographie publiée sous licence libre circule de manière gratuite (ce qui suppose une autre économie que celle de la vente d’objets), et elle peut être modifiée et rediffusée par n’importe quelle personne intéressée à le faire, ce qui crée des communautés de partage et de collaboration. Ce type d’approche permet notamment d’ajouter à une fonte des glyphes inclusifs en ouvrant celle-ci dans un logiciel de dessin de caractère. […] Cofondateur de la fonderie libre et open source Velvetyne (qui distribue des fontes inclusives comme la CirrusCumulus de la typographe Clara Sambot), Frank Adebiaye met en avant les effets émancipateurs et inclusif des typographies open source. (source Loraine Furter, « Inclusifves », Panthère Première 7, 2021)
« Reste la stratégie du copyleft: capter les savoirs (y compris les plus pointus en matière de sciences biomédicales contemporaines), devenir les experts alternatifs de nos propres corps, généraliser la contrebande chimique, technologique, ouvrir des espaces de production clandestins, créer des identités en utilisation libre, élaborer, partager d’autres modalités de matérialisation, d’incorporation et lutter pour elles, ensemble. » (source : Elsa Dorlin, Homme / Femme ©: Des technologies de genre à la géopolitique des corps. 2011. Critique, 1(1-2), 16-24. https://doi.org/10.3917/criti.764.0016)
Une licence libre non binaire, la OIFL, Open Inclusive Font License a été initiée par Clara Sambot à partir de la license OFL Open Font License.
Fork :
Un fork (terme anglais signifiant « fourche », « bifurcation », « embranchement ») désigne dans le langage courant, un nouveau logiciel créé à partir du code source d'un logiciel existant. Son existence découle d’un choix politique venant de visions différentes du projet des différent·es acteurices qui y participe, un·e acteurice décidant alors de créer le fork pour explorer une direction différente du projet initial, une forme de schisme. Les forks sont courant dans le domaine des logiciels libres, dont les licences permettent l'utilisation, la modification et la redistribution du code source.
Références: 
    Licence CC4r de Constant : https://pads.domainepublic.net/p/cc4r
    copyleft (cf. VVLibri : http://vvlibri.org/fr/comprendre-les-licences-libres/quest-ce-quune-licence-copyleft-et-une-licence-permissive)

lisibilité·s


En typographie, la lisibilité est souvent abordée au singulier, dans des questions de confort de lecture, de performance (optimisation pour des tailles de corps minuscules), et trop rarement en prenant en compte différentes capacités à voir et à lire. 
(source: Loraine Furter, « Inclusifves », Panthère Première 7, 2021)
« Au centre de la polémique, de nouvelles graphies (principalement l’usage du point médian et bas) engendrent une mise en garde de la part de l’Académie française qui les désignent illisibles et indique que la langue française « se trouve désormais en péril mortel [et] la multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité » (Académie française, 2017). Cette déclaration de principe ne semble reposer sur aucune étude scientifique ou tout du moins n’en fait pas mention. Le caractère illisible de ces propositions reste donc un champ de recherche à explorer. (…) D’une part, une telle recherche permettrait d’avoir des résultats quantifiables auprès de jeunes enfants en situation d’apprentissage de la lecture, mais également auprès d’adultes. D’autre part, les résultats de cette étude avanceraient des arguments en faveur ou défaveur de certaines propositions (tant au niveau du décodage que de la compréhension), et fourniraient des recommandations de lisibilité aux designers de caractères typographiques.»
(source : Camille Circlude, De la nécessité d’étudier la lisibilité des nouvelles formes typographiques non-binaires (ligatures et glyphes inclusives), les alternatives au point médian et au doublet observés dans les milieux activistes, queer et trans-pédé-bi-gouines, 2021. www.typo-inclusive.net)

love & rage


L O V E & R A G E ponctuent régulièrement les échanges écrit au sein de la collective BBB jusqu'à se retrouver dans les créations graphiques. L O V E & R A G E convoque ce que les morts nous font faire (Vinciane Despret, Au bonheur des morts), R A G E étant le nom du film d'un amil allié disparuX, entre anarchie et désobéisance le tout sur bande son Acid Hardcore. 
(source: BBB)

Lore/Folklore (cf Filipino Type Foundry)


cf : Peaux blanche/masques noirs  William-T JR Lhamon :
lore: mot d'ancien anglais qui définit un tissus de savoirs et de traditions qui ne serait pas forcément enraciné géographiquement, et qui "voyagerait" de cultures en cultures
folklore : savoirs et traditions encrés dans un endroit précis
M

masculin générique ou hégémonique


lien écriture, masculin neutre, le masculin l'emporte (cf. Viennot)

marge/interstices (cf. bell hooks, De la marge au centre)
marges graphisme, typo, interstices, open source

mégenrage / (mais j'enrage) <3


Utiliser le mauvais pronom en parlant d’une personne, par ignorance, oubli ou méchanceté. 

morinom (« dead name », littéralement « nom mort »)


Le morinommage désigne l'usage de l'ancien nom de naissance sans le consentement de la personne concernée. Utiliser l'ancien prénom de naissance d'une personne. 

N

neurodivergence


Avoir une configuration neurologique atypique, par exemple une personne qui présente un trouble du développement et/ou une maladie mentale. Une personne neurodivergente est définie comme une personne dont le développement et l'état neurologiques sont atypiques, généralement considérés comme anormaux ou extrêmes. Le terme a été inventé dans le cadre du mouvement pour la neurodiversité en tant qu'opposé de "neurotypique" - auparavant, le terme "neurodivers" était parfois appliqué aux individus dans ce but.
Le mot "neurodivergence" - (début du 21e siècle, de neuro + divergence) - est défini comme une divergence dans la fonction mentale ou neurologique par rapport à ce qui est considéré comme typique ou normal (fréquemment utilisé en référence aux troubles du spectre autistique). Plusieurs types de neurodivergence reconnus incluent les troubles du spectre autistique, la dyslexie, la dyscalculie, l'épilepsie, l'hyperlexie, la dyspraxie, le TDAH, le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) et le syndrome de Gilles de la Tourette (ST).

neutre/neutralité


Le terme « neutre » est beaucoup utilisé dans le champ de l'écriture (« de genre neutre ») mais aussi du graphisme et de la typographie, où il désigne ce qui s’apparente au style moderniste dominant depuis les années 1950. Par exemple le « style international/suisse » (LOL) et sa typographie par excellence l’« Helvetica » (LOL). La neutralité, qu’elle se rapporte au genre ou à autre chose, n’existe pas.

non-binarité


« Comme les études queer, féministes et anti-coloniales l'ont depuis longtemps examiné, les conditions d'altérité s'appuient fortement sur la pensée binaire oppositionnelle et hiérarchique qui détache les corps les uns des autres. Ces positions binaires ne placent pas seulement le Soi (soi-même) en opposition à l'Autre (quelqu'un·e d'autre), mais aussi l'homme par rapport à la femme, l'hétérosexualité par rapport à l'homosexualité, la peau blanche par rapport à la peau noire, les civilisé·es par rapport aux primitifves, le moderne par rapport au traditionnel, le rationnel par rapport à l'émotif, l'occidental par rapport à l'oriental, le riche par rapport à l'indigent, les valide par rapport aux non-valides, les jeunes par rapport aux vielleux, et finalement, le Nous par rapport au Elleux. » (source: « Master's Tools (designing as othering) », Glossary of Undisciplined Design, Spector Books, 2021)

non-mixité 


cf. Combahee River Collective + nonmixité chez BBB

non-latin, multiscripte


en alliance avec (https://www.alphabettes.org/its-time-to-act/)

non-normativité


Normes typo

no no normographe/nono


Ré appropriation faite par la collective des règles normées d'aprentissage de l'écriture lors d'un workshop à la maison populaire de montreuil en juillet 2021 
(source : BBB)

normographe


O

OpenType


OpenType (OT) est un format de fonte numérique, correspondant à la norme ISO de Open Font Format (OFF). Il a été développé à l'origine par Microsoft, en ajoutant à la structure de base de TrueType de nombreuses structures complexes enrichissant les possibilités typographiques.
La spécification débuta au sein de Microsoft, Adobe contribuant également au moment de l'annonce publique en 1996. La spécification continue à être développée activement, gagnant les caractéristiques d'un format ouvert. Cependant, le nom OpenType reste une marque déposée de Microsoft.
Étant maintenant un format répandu, offrant une grande richesse typographique, y compris des dispositions pour représenter la majorité des systèmes d'écriture, les fontes OpenType sont utilisées couramment aujourd'hui sous tous les systèmes d'exploitation. 
(source : Wikipédia)

P

passing


lien typo? hétéroflics lachez-moi le passing

pédagogie critique, pédagogie queer et féministe


BBB on est impliquéxes dans des contextes pedgo + Alok Vaid-Menon

point médian


Le point médian, ou point milieu, est un signe typographique « · » semblable au point mais placé au-dessus de la ligne de base. Les usages les plus anciens remontent à l’épigraphie : il a servi, dans nombre d'écritures antiques, à séparer les mots. En latin et en grec, son utilisation, bien que fréquente, n’a jamais été systématique, et on a le plus souvent cantonné ce point séparateur de mots aux inscriptions en capitales. (source : Wikipédia)
Aujourd'hui il est toujours utilisé dans certaines langues comme le catalan, le sarde, l'occitan gascon, le franco-provençal et le gallo. Il a récemment trouvé un usage nouveau en français où il permet une pratique non-sexiste du langage en servant de séparateur aux formes ou terminaisons masculines et féminines d'un même mot. Il reste par contre binaire. 
(source : BBB)

position d'énonciation


« Dans Homo Inc.orporated : Le triangle et la licorne qui pète, Sam Bourcier propose dans son introduction une « petite grammaire du français queer et transféministe » (Bourcier, 2017) qui autorise la cohabitation de plusieurs systèmes d’écriture en fonction de la position d’énonciation politique , afin de ne pas invisibiliser les marques de l’hégémonie de la différence sexuelles. En effet, en fonction du contexte et du lieu d’énonciation, des choix d’écriture peuvent être opérés réaffirmant que la langue est bien politique. Ces usages hybrides permettent également de répondre à la critique faite à l’écriture inclusive (épicène ou doublet) de dépolitiser le langage en appliquant des formes inclusives de façon systématique, normalisée, reproduisant elle-même une prétention à l’universalité et l’invisibilisation des oppressions et dominations (ex : colonisateurs et colonisatrices). En effet, le risque d’un retour à un sujet-maître est présent en gommant les différences ontologiquement ; alors que le risque de l’oubli des structures de domination est présent en gommant les différences politiquement (Collin, 2001). »
(source : Camille Circlude, La typographie comme technologie du post-binarisme politique, 2021. https://typo-inclusive.net/la-typographie-comme-technologie-du-post-binarisme-politique/)

pollinisation 


« (…) Nous cultivons aussi ce champ, y apportons outils, graines de savoir, oui mais toujours utilisable par tous-tes du fait des licences libres sur les contenus (les fruits) et les outils, et puis tout comme la pollinisation, les graines se dispersent et peut-être germent ailleurs, par le web, la toile, parfois nous pouvons suivre leurs traces, parfois pas ». (Rassel, 2007)
AJOUT au fil de workshops BBB contamination, prolifération, …

police


En typographie, une police de caractères désigne l’ensemble des représentations visuelles de caractères (glyphes) d’une même famille typographique. D'autres termes comme fonte permet de rappeller l’origine des caractères typographiques en plomb (fondus), ou le terme caractère: on aime dans cette idée de personnification et d'émotion des typo (“Typography are like people, with their own history, idea, and feeling. They are emotional”. Jung-Lee Type Foundry, https://www.jung-lee.nl/about)
(TW: violence) Il y a dans les critiques à l'écriture inclusive une certaine violence. Elle a par exemple été qualifiée de « péril mortel ». L'écriture inclusive n'est pas à l'origine de meurtres de personnes, contrairement à de véritables périls mortels comme la violence policière.

point de vue



post-binarisme politique 


« Dans la lignée du lesbianisme politique de Rich et Wittig de la seconde vague du féminisme des années 60-70, (…) le concept du non-binarisme politique ou encore du post-binarisme politique (propose une) actualisation contemporaine, offrant une porte de sortie au régime de la différence sexuelle. (…) Alors que le non-binarisme ne peut se définir que par le précept même de binarité, le post-binarisme indique qu’un dépassement de ce concept est possible grâce au préfixe post (du latin, « après »). Le post-binarisme politique ouvre la voie à une nouvelle épistémologie à inventer en dehors de tout système binaire. Il s’agit d’un état de transit vers un ailleurs que seule la science-fiction est à même de nous proposer pour le moment. »
(source : Camille Circlude, La typographie comme technologie du post-binarisme politique, 2021. https://typo-inclusive.net/la-typographie-comme-technologie-du-post-binarisme-politique/)

Q

queer


CertainEs liront « queer » comme synonyme de « gay et lesbienne » ou « LGBT ». Cette lecture est inadéquate. Alors que celleux qui s’intègrent le mieux dans les constructions de « L », « G », « B » ou « T » pourraient tomber dans les limites discursives du queer, le queer n’est pas une zone d’occupation stable. Le queer n’est pas simplement une autre identité qui peut être punaisée sur une liste de catégories sociales nettes, ni la somme quantitative de nos identités. Il s’agit plutôt de la position qualitative de l’opposition aux présentations de la stabilité – une identité qui problématise les limites maîtrisables de l’identité. Le queer est un territoire en tension, défini en opposition au récit dominant du patriarcat blanc-hétéro-monogame, mais aussi en affinité avec touTEs cELLeux qui sont marginaliséEs, exotiséEs et oppriméEs. Le queer, c’est ce qui est anormal, étrange, dangereux. Le queer implique notre sexualité et notre genre, mais il va bien au-delà. Il incarne notre désir et nos fantasmes, et bien plus encore. Le queer est la cohésion de tout ce qui est en conflit avec le monde hétérosexuel capitaliste. Le queer est un rejet total du régime de la Normalité. (source : gang queer Mary Nardini, Vers la plus queer des insurrections, 2012)

queer-bloc


Tactique de manifestation offensive et non-violente issue de la communauté Trans-Pédé-Bi-Gouines.
Bye Bye Binary propose des performances de type Queer-Bloc au lieux qui acceuille la collective, en activant des textes trans·féministes et des revendications queers en usant de leurs voix, de drapeaux, de tractages ou d'affichages. À ce jour, BBB a proposé cette performance en 2019, lors de la Biennale du Design de Saint-Étienne, dans la ville recomposée de Stefania, ainsi qu'en septembre 2021 dans le cadre du Jerk Off et de leur résidence au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris.
(source : BBB)

queer gaze


Regard cinematographique (que cinematographique?) produit par et sur des personnes queer.
Il s'oppose au male, female, et même au LGBT gaze qui ont tendance à objectifier les corps et/ ou représenter les personnes et cultures queer à travers un prisme heteronormé. 
(source: Molly Moss, Thoughts on a queer gaze , 2019) :
https://www.3ammagazine.com/3am/thoughts-on-a-queer-gaze/
https://manifesto-21.com/queer-gaze-prochaine-revolution-a-lecran/

QUNI (Queer Unicode Initiative)


QUNI a l’ambition de coordiner collectivement le travail des dessinateurices de fontes qui intègrent des glyphes inclusifs pour faciliter leur production, accroître leur accessibilité, notamment dans les logiciels de traitement de texte grand public, et mettre en évidence l'importance de la présence grandissante de ces glyphes dans de plus en plus de fontes. Le Queer Unicode Initiative ou mieux, QUNI, un peu à la manière du Medieval Unicode Font Initiative (MUFI), est un projet visant à coordonner l’encodage et l’affichage de caractères médiévaux écrits en alphabet latin. Le codage Unicode de QUNI a été placé dans la Supplementary Private Use Area-A*** (une plage libre, utilisable par tout le monde), offrant la palette la plus large possible d'accès, y compris sans utiliser les fonctionnalités OpenType***, sur le web par exemple. 
(source : BBB)

R

retournement du stigmate 


La graphiste transféministe Hélène Mourrier parle de stratégie dans ta face, référence à des réappropriation militantes notamment queer, comme les milieux LGBT + de lutte contre le SIDA qui se sont réappropriés le triangle rose imposé par les nazis aux personnes identifiées homosexuelles, en le retournant pour en faire un symbole d’empowerment. Hélène Mourrier travaille avec ce qui dégouline, en affirmant un vocabulaire du fluide, de la mutation, de la transformation, et en se réappropriant des formes qu’elle qualifie de vulgaires et clinquantes — alternatives au terme girly qu’on lui a souvent imposé pour catégoriser sa pratique. 
(source: Loraine Furter « Graphisme × Intersections », LSD 1 Le Signe Design, Le Signe, 2020.)
(cf. Butler, Eribon sur la réapropriation de l'insulte, Laurence Rosier sur salope) 

revival


En typographie, un revival désigne un caractère dessiné à partir d'un autre caractère avec plus ou moins de fidélité. Il s'agit traditionnellement de l'adaptation d'un ancien caractère à une nouvelle technologie (passage d'une fonte en plomb à une fonte numérique par exemple), mais il peut aussi consister en une réactualisation esthétique, une réinterprétation, un hommage, une contre-façon, une caraciature, une extentsion, etc.
Par exemple lo Baskervvol (voir entrée) est un fork (voir license libre) du Baservville de l'ANRT qui est lui-même un revival du Baskervville de Jacob distribué par la fonderie Berger-Levrault en 1815, lui-même est un revival du caractère de John Baskerville dessiné en 1757.
(source : BBB)
(cf. John Downer, Call It What It Is, 2003, traduit en française dans Azimut n°43) 

reproductibilité (en art/design/typographie)


Caractère reproductible d'un objet, à grande echelle et de manière "fidèle" à un modèle de base. (avec une notion de moyenne entre les différents résultats, et donc de marge "d'erreur")
Reproductibilité humaine : idée selon laquelle la fidelité de la reproduction mecanique ou digitale d'une oeuvre "originale" serait  injustement considérée comme superieure à sa reproduction manuelle.
---> remise en question de cette  idée de fidélité et de moyenne .
---> idée selon laquelle un modèle reste reconnaissable dans un large champs de différences /alterations
(cf : FFF (FIlipino Folk Foundry), Hardworking, Goodlooking,  2015)

S

safe·r (space/place?)


lien typo? :)(parler plutôt/aussi des contxtes de travail/ de présentation ?) les mots du contre pouvoir

savoirs situés


« La connaissance située (ou savoir situé) est une notion conceptualisée par la biologiste et philosophe féministe Donna Haraway en 1988 en réaction contre la conception dominante de l'objectivité scientifique selon laquelle le savant pourrait « tout voir de nulle part », et en réaction contre le relativisme qui ruine les prétentions de l'objectivité en mettant à égalité toutes les opinions. La connaissance située suppose de s'interroger sur la position du sujet producteur de la connaissance, sur les limites de sa vision, sur les relations de pouvoir dans lesquelles il s'inscrit. » (source : Wiki https://fr.wikipedia.org/wiki/Connaissance_situ%C3%A9e)
« L’histoire est une histoire que se racontent les mordus de la culture occidentale ; la science est un texte contestable et un champ de pouvoir ; le contenu est la forme. Point barre. » (source : Donna Haraway, Savoirs situés, « La question de la science dans le féminisme et le privilège de la perspective partielle »)

stratégie de défense/auto-défense?


lien typo? :)

signe diacritique


Un diacritique ou signe diacritique (du grec ancien : διακριτικός / diakritikós, « qui distingue ») est un signe accompagnant une lettre ou un graphème pour en modifier le sens ou la prononciation. En ce qui concerne la lettre ou le graphème, le diacritique peut être placé au-dessus (diacritique suscrit), au-dessous (diacritique souscrit), devant (diacritique prescrit), derrière (diacritique adscrit), dedans ou à travers (diacritique inscrit), ou autour (diacritique circonscrit). Les accents, le tréma et la cédille sont des signes diacritiques. 
(source : Wikipédia)
Dans le cadre de la typographie inclusive, des signes diacritiques peuvent être utilisés pour marquer les terminaisons genrées, comme des bornes indiquant le passage d'un genre à un autre.
(source : BBB)

slow types


Catégorie typographique proposée par les membres de la Filipino Folk Foundry. Elle regroupe en son sein les lettrages manuels ou lo-tech à visée commerciales, employés à relativement grande échelle, et reconnaissable en tant que systeme typographique "uniforme".
Cette catzgorie s'oppose aux "fast types", qui regroupe les fontes digitales ou mecaniques, et permet d'inclure des systèmes typographiques souvent considérés comme moins à même d'être reproduites et diffusées facilement. Elle permet également d'inclure dans le champs typographique des systèmes d'écritures qui ne s'adaptent pas aux techniques de dessin, de mise en forme et de diffusions de fontes basées sur une logique découlant de l'alphabet latin. 
Référence: FFF (FIlipino Folk Foundry), Hardworking, Goodlooking,  2015

T

terf


(Sigle) Initiales de « Trans exclusionary radical feminist ». Synonymes : dechet radioactif

traduction (pratique féministe de la traduction) 



trans-pédé-bi-gouines


Tout comme queer dans la langue anglaise, « transpédégouine » exprime des identités, des pratiques et des expériences différentes et, dans cette concaténation, il y a la volonté de mettre sur pied une lutte commune, de créer des alliances, sans pour autant qu’une identité se soustraie à une autre. Et c’est peut-être à cet endroit précisément qu’émerge une politique minoritaire fondée sur la commensurabilité des expériences de domination.
(source : Marie-Émilie Lorenzi, "« Queer », « transpédégouine », « torduEs », entre adaptation et réappropriation, les dynamiques de traduction au cœur des créations langagières de l’activisme féministe queer", Glad! n°2, 2017.)

transféminisme



typothèque BBB


La typothèque BBB est (sera) une plateforme en ligne permettant, d'une part, la monstration et la distribution des fontes inclusives et non-binaires existantes (créées ou non par des membres de la collective), et d'autre part, la diffusion d'outils permettant de comprendre le fonctionnement de ces fontes, voir d'en créer de nouvelles.

U

Unicode


Unicode est un standard informatique qui permet des échanges de textes dans différentes langues, à un niveau mondial. Il est développé par le Consortium Unicode, qui vise au codage de texte écrit en donnant à tout caractère de n'importe quel système d'écriture un nom et un identifiant numérique, et ce de manière unifiée, quels que soient la plate-forme informatique ou le logiciel utilisé.
Ce standard est lié à la norme ISO/CEI 10646 qui décrit une table de caractères équivalente. La dernière version, Unicode 13.0, a été publiée en mars 2020. 
(source : Wikipédia)
Private Use Area-A :
Dans l'Unicode, une zone d'utilisation privée (Private Use Area, PUA) est une plage de points de code qui, par définition, ne se verront pas attribuer de caractères par le Consortium Unicode. Trois zones d'utilisation privée sont définies : une dans le plan multilingue de base (U+E000-U+F8FF), et une dans chacun des plans 15 et 16 (U+F0000-U+FFFFD, U+100000-U+10FFFD), qu'elle couvre presque entièrement. Les points de code dans ces zones ne peuvent pas être considérés comme des caractères normalisés dans Unicode lui-même. Ils sont intentionnellement laissés indéfinis afin que des tiers puissent définir leurs propres caractères sans entrer en conflit avec les assignations du Consortium Unicode. En vertu de la politique de stabilité d'Unicode, les zones à usage privé resteront attribuées à cette fin dans toutes les futures versions d'Unicode.
De nombreuses personnes et institutions ont créé des collections de caractères pour les PUA. Certains de ces accords d'utilisation privée sont publiés, afin que d'autres implémenteurs du PUA puissent viser les points de code inutilisés ou moins utilisés pour éviter les chevauchements. Plusieurs caractères et scripts précédemment encodés dans des accords d'utilisation privée ont en fait été entièrement encodés dans Unicode, ce qui a nécessité des mappings du PUA vers d'autres points de code Unicode.
(source : Wikipédia)

universalisme


Le style international, également connu sous le nom de style suisse, est un courant du design graphique développé en Suisse dans les années 1950, notamment par Max Miedinger et ses collègues, Armin Hofmann et Emil Ruder. Il met l'accent sur le dépouillement, la "lisibilité" et "l'objectivité". Les éléments distinctifs du style international sont l'utilisation de grilles et de polices de caractères sans-serif comme l'Helvetica.
Ce style conserve aujourd'hui une place dominante dans le champ du graphisme et est bien souvent enseigné aux étudiant·es en design graphique / typographie sans recul critique. Cette admiration aveugle qui élève le style international au rang d'idéal indépassable du bon goût et de la fonctionalité échoue à identifier la nature profondément occidentalocentrée, classiste et patriarcale de ce style prétendument international.

V

validisme


Système d’oppression vécu par les personnes handicapées du fait de leur non correspondance aux normes médicales établissant les termes de la validité. C’est une idéologie qui veut que les corps non correspondants, jugés handicapés, aient moins de valeur et soient naturellement considérés inférieurs, donc discriminés. [...] Le validisme est un système qui traverse l’ensemble de la société : dans ses composantes juridiques et législatives, dans ses composantes médicales par un traitement du corps handicapé différent (manque d’accessibilité des lieux médicaux et du matériel, mais aussi par l’utilisation toujours prégnante du modèle médical qui estime que le corps handicapé est à redresser, corriger, et ne peut être soigné que dans l’idée de se rapprocher de la validité), dans ses composantes culturelles, dans son manque d’accès aux biens communs, dans le maintien des personnes handicapées dans la précarité économique. L’handiphobie n’est pas un trait psychologique et individuel issu d’une peur du handicap chez l’individu mais bien une réalité collective et institutionnelle que l’on peut nommer validisme puisqu’elle résulte d’un système social où les personnes handicapées sont exclues par toutes les composantes (juridique, médicale, culturelle, économique…). 
Références : Campbell Fiona K., Contour of Ableism: The Production of Disability and Abledness, 2008, Basingstoke, Palgrave Macmillan. Blanquer Zig, « La culture du valide (occidental) », 2004, https://infokiosques.net/IMG/pdf/validisme.pdf
(source : Charlotte Puiseux, Dictionnaire CRIP, 2020)

validisme en typographie



version hardcore 


Il arrive à la collective BBB de débinariser aussi le langage pour les noms communs des objets, des animaux, des éléments, de la nature ; il s’agit alors de la version hardcore de nos textes. 
Exemple (extrait des Guérillières de Monique Wittig) : 
Version originale : (…) l'eau qui parvient du versant des montagnes est insuffisant pour alimenter le lac au de-delà du barrage même pas temps de crue.
Version hardcore : (…) l’eau qui parvient dul versol des montagnus est insuffisanl pour alimenter lo lax au-delà do barragi même par temps de crux. 
(source : BBB)

visibilité


Enjeu de survie pour les personnes minorisées qui subissent une invisibilisation systémique.
(source : BBB)

viral


La typo est un des contenants du langage, nous y voyons une passerelle possible a emprunter pour faire exister l’étendue des identité de genre à travers l’écrit. Écrire c’est fabriquer des signes et les diffuser. Une vraie révolution subalterne est possible par ce biais, l’idée d’ouvrir la langue en modifiant directement l’une de ses formes permet un impact plus rapide. On n’attend pas qu’une terminaison ou qu’un pronom soit validé et le fait de læ faire exister de manière tangible læ rend plus accessible. Surtout avec l’open-source qui favorise une fluidité de la circulation des typographie (voir open source)
(source : BBB)

Biblio



Bisouuuuuus et courage <3 j'adore !!
Wahou c'est trop bien. Wish I was there